Le moment est venu d’en profiter. Après des mois de prospection et de discussion pour établir la programmation et des semaines de travail pour préparer la halle verrière en plusieurs scènes de spectacle, la 18e édition du festival Demandez-nous la Lune a enfin lieu à Meisenthal. Samedi et dimanche, plusieurs compagnies présentent leur spectacle devant des milliers de visiteurs.
Dans l’usine, Claire Ducreux venue d’Espagne fait fleurir les abîmes et proposent aux spectateurs de partager un moment de douceur et de poésie.
Extrait : « J’aime tellement créer et danser, jouer… c’est une école de vie passionnante. Une école d’humilité et de gratitude, j’aimerai que ça s’arrête jamais. J’écrirai plus d’autre spectacle après celui-là. Alors, avec cette dernière création, je voudrais essayer encore une fois d’nviter quelqu’un sur scène, croire qu’un regard sincère peut toucher quelqu’un. »
ITWs : « J’ai beaucoup aimé quand elle était dans les arbres avec le nid, les plumes,(…) tout ça. // J’ai beaucoup aimé les acrobaties qu’elle a fait, c’était très joli. // Un spectacle très poétique, tout en douceur, plein de symboliques et très prenant. // C’était un peu émouvant, comment elle exprimait ses sentiments, ses émotions. Elle a réussi à faire comprendre à deux personnes des choses que par des signes. // J’ai trouvé assez remarquable la façon dont elle arrive à faire passer des messages, à communiquer uniquement par les expressions faciales et de mêler l’humour et la poésie aussi bien sans avoir à exprimer une seule parole. »
A quelques mètres de là la nature est reine avec un atelier de fleurs séchées pour permettre aux participants de créer.
ITW de Sophie : « On a profité d’un petit atelier qui était mis à disposition, un atelier floral, et on a partagé un petit moment mère-fille et on repart avec des jolies broches qu’on a fabriquées. »
Dans la cour du site verrier, plusieurs compagnies se relaient pour offrir également aux familles de beaux moments à partager. On rit, on s’évade, en regardant les artistes performer.
ITW de Roman : « J’ai vu des gens faire des blagues, des acteurs marrants. »
Là aussi le public est mis à contribution pour permettre au spectacle d’avoir lieu. La bienveillance et les encouragements s’expriment spontanément, permettant à tous, de passer un moment plaisant et hors du temps.
Dans la boîte noire, les visiteurs vivent un instant particulier. Trop près du mur est un spectacle disons assez dérangeant. Il faut d’ailleurs avoir au minimum 12 ans pour y assister. Dans cette nouvelle création, l’acteur Emmanuel Gil et son personnage Typhus Bronx viennent d’avoir un bébé.
Extrait : « Notre enfant est né. Oh, j’en étais suis sûr, oh il est né, je vais le voir pour la première fois. Est-ce qu’il ressemble à quoi ? Tu verras bien. Je suis sûr qu’il me ressemble à moi et pas à toi. Voilà. Mon toutitititou, je vais prendre un petit corps comme ça, je vais le coller contre mon oreille, je vais écouter son coeur qui fait boom boom dans sa portine. Et après, je vais le asseoir sur la table, je vais lui pincer les joues, je vais lui faire des coups-t-coups-t-coups-t-coups. Non, non, non, non. Je dois l’expliquer déjà plusieurs fois, d’accord ?(…) Un bébé, c’est fragile, il faut pas faire n’importe quoi avec.(…) Ah oui, un bébé, c’est fragile. Il faut pas enfoncer son doigt dans son crâne tout mou sinon ça fait sortir sa cervelle pas les oreilles. Oui. Est-ce que ça, on ne veut pas d’accord ?(…) Ah non, ça, on ne veut pas après les tout casser. Oui, il est tout cassé mais surtout on peut plus le réparer. Bah si hein, on peut le réparer, pour le réparer c’est facile en fait. Tu le suspends par les pieds, tu le vide tous à l’intérieur par la bouche, tu le déroules, tu les crasses, tu le fais sécher au soleil, tu le regonfles, tu lui mets des bandouillettes tout partout et il se transforme en momie. Non, non, non. Une momie c’est pas vivant. Et nous on veut qu’il reste vivant, d’accord ? »
Porté par une performance d’acteur remarquable, Typhus Bronx, le clown qui pique, interroge sur des thématiques tapies au plus profond de notre âme comme l’éducation, la transmission, le libre-arbitre ou l’auto-censure. L’acteur et son personnage n’hésitent pas à interpeller le public.
Extrait ; « T’en veux encore des enfants ? Non, non, non.(…) Ça c’était clair. T’as compris, elle en veut plus de tout, d’accord ? Attends, je vais te donner quelque chose. Tu vois? Ca s’appelle une crapote, tu vois? Ou un préservatif. En fait, ça se déroule sur le zizi du monsieur, pour étouffer les bébés qui veulent sortir. Je te le laisse, je l’ai pas trop utilisé. Tu le laisses à ta fille. Alors à côté, je le mets sur l’accoudoir. »
Le festival demandez-nous la lune c’est donc ça. Des spectacles très différents qui donnent à voir et à penser. Durant tout un week-end et gratuitement, à la halle verrière de Meisenthal.




