Si la vidéo ne s’affiche pas, utilisez la combinaison de touches suivante : Maj + F5 (ou Maj + clique sur l’icone « actualiser » de votre navigateur).

Partager

Facebook
Twitter
Email

Apprendre des langues pour faciliter les soins en milieu transfrontalier

Claudia POLZIN-HAUMANN – Professeure au département langues romanes, Université de la Sarre 

Il faut bien dire que c’est la 4e journée de la santé transfrontalière mais c’est la 1ère journée pendant laquelle les langues et la communication sont au cœur de l’événement. C’est vrai, il y a beaucoup d’activités autour du sujet de la santé. C’est un sujet majeur pour construire cette région transfrontalière où nous vivons ensemble, mais les langues et la communication ne sont pas toujours au premier plan.” 

Une étude franco-allemande a été menée il y a deux ans pour recenser les besoins exacts des professionnels de santé en matière de communication auprès de leurs patients.  

Claudia POLZIN-HAUMANN – Professeure à l’Université de la Sarre 

Nous nous sommes intéressés aux compétences réelles, mais aussi aux représentations, aux auto-évaluations de ces compétences. On a appris que, bien que beaucoup de personnes aient des compétences assez bien développées, vu le nombre d’années d’apprentissage, ils ne se sont pas toujours en sécurité et linguistique.” 

300 personnes ont participé à l’étude. De là sont nés plusieurs offres linguistiques. Exemple avec le projet “Sprachführer für die deutsch-französische Arbeitswelt” – Guide de conversation pour le monde professionnel franco-allemand. On a rencontré Max Penth, l’un des contributeurs. 

Max PENTH – Enseigneur-chercheur à l’Université de la Sarre  

C’est une petite brochure que je n’ai malheureusement pas avec moi à ce moment, qui [se] focalise [sur] différents contextes au monde du travail. Par exemple, la candidature, écrire un e-mail, faire une pause avec les collègues français, parce qu’on a là une grande différence interculturelle avec ces deux cultures de manger…” 

Camille HENRIOT : “D’accord, donc c’est-à-dire que d’un côté il y a votre brochure, donc là on apprend finalement les fondamentaux interculturels et basiques en français et en allemand. Et il y a aussi ce cours en partenariat avec les acteurs que vous venez de mentionner.” 

Max PENTH – Enseigneur-chercheur à l’Université de la Sarre 

“Exact, et ce cours est basé sur une enquête scientifique sur les deux côtés de la frontière. Nous avons posé la question au personnel médical de quoi avez-vous besoin. Et là, tout ce qu’ils ont répondu a été intégré dans nos cours du français médical.” 

Ces cours linguistiques et cette brochure sont un vrai soutien pour cette infirmière en soins intensifs à Sarrelouis.  

Anna BOUZEAS – Infirmière à la Marienhaus Klinikum St. Elisabeth Saarlouis 

“ On avait un patient qui a parlé français et il pouvait pas du tout parler allemand et moi peu de français. Il frappait sur le lit et ça a duré longtemps pour que je puisse comprendre son problème et ses besoins. Et maintenant ça me semble plus facile après le cours. C’est pourquoi je trouve ça important de faire ces cours.” 

Plus largement, les acteurs de la santé en milieu transfrontalier pourront bénéficier de ces nouvelles offres linguistiques. Exemple avec la coopération franco-allemande en cardiologie. En dix ans, grâce à cette coopération, plus de 1000 patients français ont été accueillis à la clique SHG Kliniken de Völklingen en Sarre. Il existe donc de réels besoins en matière de communication.  

Renaud DE FREITAS – Cardiologue au CH de Forbach et SHG Kliniken de Völklingen 

“Eh bien, on a pas mal de soignants et de médecins qui sont bilingues, mais ça reste un quotidien assez compliqué.” 

Et ce n’est que le début : le cours à destination des professionnels de santé va se poursuivre dès la fin du mois de février à l’Université populaire, la Volkshochschule, à Sarrebruck.  

Réalisation : Camille HENRIOT – Justin AMANN – Léa KAESZ