Depuis ce matin, la circulation des trains de la Saarbahn a repris entre la France et l’Allemagne. Le 9ème mouvement de grève a pris fin hier à 19h. Va-t-on cette fois-ci vers une reprise durable du trafic ferroviaire entre Sarreguemines et Sarrebruck ? Rien n’est certain pour l’instant car aucun accord n’a été trouvé entre l’employeur et le syndicat.
Danny Grosshans – Stellvertretender Vorsitzende Bezirk Süd-West GDL : « C’est ce qu’ont décidé nos instances. Nous avons désormais une stratégie de grève que nous discutons et adoptons à chaque fois. Et cette fois-ci, nous avons décidé de mener une grève courte. Ce n’est pas parce que la dernière grève est finie que nous allons pour autant nous arrêter là. Nous continuerons à faire grève, tant que l’employeur n’aura pas fait une proposition et nous poursuivrons nos échanges à la table des négociations. »
Le syndicat GDL souhaite de meilleures conditions de travail et une revalorisation salariale pour les conducteurs de train de la Saarbahn.
Nico REBENACK – Bezirksvorsitzender Bezirk Süd-West GDL : « Nous souhaitons obtenir une augmentation salariale, à la fois une revalorisation des salaires en tant que tels et une revalorisation des échelles de la grille salariale proprement dite, à hauteur de 8 % sur une période de 12 mois. Nous avons aussi demandé que la prime de Noël soit portée à 100 % et que le taux de cotisation au régime de retraite d’entreprise soit porté à 2,4 %. Et tout ça pour une durée totale de 12 mois. »
De leur côté, les organisations patronales, dont la Saarbahn rappellent que des concessions ont été faites. Un accord a déjà été signé avec le syndicat Verdi fin avril 2026. Parmi les concessions annoncées, une augmentation salariale de 3 % en 2026, 2,8% en 2027 et 2,5% en 2028.
Karsten NAGEL – Directeur général de la Saarbahn : “Ces négociations collectives ont été très difficiles. Et les solutions trouvées se situaient bien, bien en deçà des revendications. Car en fin de compte, tant les salariés sur le terrain que la direction avaient intérêt à répartir les fonds disponibles. Mais bien sûr, il s’agissait également de garantir la pérennité des entreprises. Il est donc possible que chacun puisse y évoluer favorablement. Et cette offre s’adresse également à toutes les collègues du secteur ferroviaire, qu’il s’agisse des cheminots et cheminotes actuellement en grève ici, ou de celles et ceux qui ne sont pas syndiqués.”
Dans ce contexte de fortes tensions, un retour à la table des négociations reste pour l’instant difficilement envisageable selon la direction.
Karsten NAGEL – Directeur général de la Saarbahn : “Je sais lire, je sais mener des discussions, je sais écouter, je sais échanger des points de vue. (…) Et puis j’ai compris depuis un certain temps déjà (…) que ce neuvième appel, ce dixième appel à la grève, risque fort de se solder par un échec. Ce n’est pas un partenaire social. Ce n’est pas non plus un partenaire avec lequel on peut parvenir à une solution adaptée à notre entreprise. C’est malheureusement ainsi. ”
En attendant qu’une solution soit trouvée, le mouvement social risque de se poursuivre ces prochaines semaines à la Saarbahn. La direction s’attend à une nouvelle grève dès la semaine prochaine, au moment de la rentrée scolaire chez nos voisins sarrois. Reste donc à voir comment la situation va évoluer, un service de remplacement de bus est déjà à l’étude pour ces prochains jours.




