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Infirmières Asalée : un modèle de santé en danger 

Parlons santé, avec un dispositif encore méconnu : les infirmières Asalée. Elles jouent un rôle essentiel dans le suivi des patients atteints de maladies chroniques. Mais aujourd’hui, ce dispositif est menacé : l’association qui les emploie est en redressement judiciaire. Avant de rentrer dans les détails, et pour mieux comprendre leur rôle, nous avons suivi une consultation à la maison de santé de Sarralbe. 

Reportage

Un test pour visualiser les effets du tabac sur son corps. Depuis plusieurs mois, cette patiente est accompagnée pour arrêter de fumer. Pour y parvenir, elle bénéficie d’un accompagnement personnalisé par une infirmière Asalée, une salariée de l’association du même nom.  

ITV Monia KOENIG – Patiente de l’infirmière Asalée 

ITV Christine REPPERT – Infirmière Asalée à la Maison de santé de Sarralbe 

Tabagisme, diabète, hypertension, risques d’accidents vasculaires, ces infirmières Asalée sont spécialisées dans la prévention et le suivi de maladies chroniques. Ces infirmières sont toutes diplômées d’État, avec de l’expérience dans différents services et des formations régulières. Mais leur approche diffère des autres dispositifs existants.  

ITV Christine REPPERT – Infirmière Asalée à la Maison de santé de Sarralbe 

À Sarralbe, Christine accompagne en moyenne plus de 300 patients chaque année. Dans la ville voisine de Herbitzheim, 370 patients bénéficient également ce suivi. Pour le médecin généraliste et président de la maison de santé de Sarralbe, la présence d’une infirmière Asalée est un atout majeur. 

ITV Frédéric KOBIS – Médecin, président de la maison de santé de Sarralbe 

Mais ce système de santé reste fragile : début mars, l’association nationale Asalée a déclaré une cessation de paiement. Résultat, cette infirmière n’a pas été rémunérée depuis plus de cinquante jours.  

ITV Christine REPPERT – Infirmière ASALÉE 

La semaine dernière, la maison de santé s’est mobilisée pour la soutenir.  

ITV Frédéric KOBIS – Médecin, président de la maison de santé de Sarralbe 

Suite à une audience vendredi dernier, l’association Asalée a été placée en redressement judiciaire. L’avenir du dispositif reste incertain. Les patients et professionnels attendent désormais que l’association et les autorités sanitaires clarifient la situation. 

À ce jour, cette infirmière Asalée n’a toujours pas reçu de salaire. Alors comment peut-on expliquer cette situation ? D’abord, il faut comprendre comment se finance une telle association. On a posé la question à sa présidente au niveau national, Margot BAYART. 

Margot BAYART – Présidente de l’association nationale Asalée : “L’association est aujourd’hui, et depuis tout temps, financée à 98% sur des fonds de la caisse nationale d’assurance maladie. C’est-à-dire via les cotisations des Français, il faut le dire, via une convention qui est signée tous les trois ans à hauteur de 104 millions d’euros pour l’année et avec un versement mensuel qui correspond à l’équivalent temps pleins d’infirmières.” 

Or la Caisse nationale d’assurances maladies a suspendu le versement de ces subventions en début d’année. Une décision prise suite à un rapport de l’inspection générale des affaires sociales. Il pointe du doigt de “graves dysfonctionnements dans la gouvernance ainsi que dans la gestion de l’association Asalée depuis plusieurs années.” Explications avec Claire Aubalain, directrice de la CPAM de la Moselle.  

Claire AUBALAIN – Directrice de la CPAM de Moselle : “La CNAM, et par ma voix aujourd’hui je le redis, nous on considère que les 2000 infirmières qui sont salariées de l’association, de même sur les 9000 médecins adhérents, en fait sont victimes de cette association dont la gestion est quand même défaillante puisque on sait que 12 millions d’arriérés de l’URSSAF n’ont pas été payés alors que pour nous, c’est quand même notre ADN à la sécurité sociale. Par ailleurs, on peut également noter que les comptes n’ont pas été régulièrement publiés.” 

La présidente de l’association Asalée n’est pas totalement d’accord avec ce point. 

Margot BAYART – Présidente de l’association nationale Asalée : “Nous avons effectivement une dette au niveau de l’URSSAF, une dette qui s’est cumulée, qui est à peu près, je dirais même peut-être plus de 14 millions d’euros. Mais ce qu’oublie de dire la sécurité sociale, c’est qu’elle a une dette envers Asalée et une dette cumulée qui est de l’ordre aujourd’hui des 70 millions d’euros.” 

Dans un communiqué reçu ce matin, la Caisse nationale d’assurance maladie précise :

« Bonjour, 

L’Assurance Maladie souhaite que la situation de l’association Asalée se normalise au plus vite dans l’intérêt des professionnels concernés et de la continuité de la prise en charge des patients. Elle se tient à la disposition des administrateurs et mandataires judiciaires désignés afin de définir, dès que les conditions seront réunies, les modalités d’une nouvelle contractualisation permettant de reprendre le soutien financier auprès de l’association.

L’Assurance Maladie réaffirme son soutien au dispositif Asalée et aux infirmiers qui le font vivre au quotidien en lien avec les médecins généralistes.« 

Une audience a eu lieu vendredi dernier. L’association a été placée en redressement judiciaire. Une période d’observation de six mois vient de s’ouvrir pour acompagner et restructurer l’association.  

Claire AUBALAIN – Directrice de la CPAM de Moselle : “Deux administratrices judiciaires ont également été nommées. Les salaires et arriérés de salaires vont pouvoir être versés dans un temps très court. Et par ailleurs, la gouvernance de l’association en revanche va être changée. La ministre, Stéphanie Rist, n’a pas manqué de le dire. Il faut vraiment que l’on aille vers plus de rigueur dans la gestion de l’association, mais évidemment, maintenir tout ce travail qui est fait auprès des patients chroniques, c’est notre voeux le plus cher.” 

Margot BAYART – Présidente de l’association nationale Asalée : “La gouvernance passe aux administrateurs pour moi voilà on est on est vraiment devant un déni justice donc et forcément que je ne l’accueille pas de façon de façon positive d’autant que ça met les équipes encore plus en en insécurité puisque là aujourd’hui bon elles savent qu’elles vont être au niveau de la garantie des salaires mais moi je n’ai plus je n’ai plus de demanda au niveau de l’association et elles se posent plein de questions donc leur angoisse est loin d’être levée.” 

Reste à voir comment la situation va évoluer ces prochains mois à l’issue de la période d’observation. En Moselle, dix-huit infirmières salariés Asalée sont directement touchées par cette situation.