Casque sur la tête, harnais attaché, Arnaud Hehn, élagueur, s’apprête à grimper. Dans la rue de la Montagne à Sarreguemines, 143 tilleuls doivent être élagués. Chaque hiver, entre octobre et février-mars, c’est la période idéale. La sève est descendue, les arbres sont au repos végétatif : un moment propice pour intervenir. Avant de monter, Arnaud observe chaque situation afin de s’assurer que tout est en règle.
Arnaud Hehn – Élagueur
« Il y a un grand moment d’observation avant de mettre un pied à l’arbre. S’il n’est pas fissuré, visualiser les branches sèches, pas qu’on met sa ligne de vie, donc sa corde de rappel sur une branche sèche et qu’on finit sans bas malheureusement. Si on prend l’exemple là, du chantier de Sarreguemines, on a mis une circulation alternée en place, pour qu’on puisse travailler convenablement, avec le moindre risque possible. Il y a quand même le risque des piétons sur le trottoir, le risque des câbles électriques qui sont sur les façades des maisons. Donc oui, il y a quand même un risque. »
Ici, la taille est réalisée en “tête de chat” : une technique qui consiste à conserver les branches principales et à couper les jeunes pousses et les rejets.
Un travail précis, indispensable pour maîtriser la croissance des arbres et éviter qu’ils ne deviennent incontrôlables.
Spécialisé dans l’élagage à la corde, Arnaud intervient souvent sur des arbres situés à proximité de routes, d’habitations ou de câbles électriques. Des environnements à risque qui exigent méthode et sang-froid.
Arnaud Hehn – Élagueur
« La plus grande qualité qu’il faut avoir, c’est de ne pas avoir peur du vide, être très méticuleux, faire très attention et beaucoup de concentration pour éviter les erreurs bêtes et les erreurs qui peuvent être fatales »
Au total, entre 80 et 100 chantiers rythment sa saison hivernale. Suspendu à plusieurs mètres du sol, il nous présente son équipement : cordes, mousquetons, scie et tronçonneuse d’élagage.
Arnaud Hehn – Élagueur
« Donc ça, c’est un baudrier d’élagage. Là, on a un long tendeur, où on a les l’élagueuse qui est accrochée au-dessus. Donc ça, c’est une petite élagueuse. On peut manipuler à une main vachement légère, vachement compacte. Là, on accroche le mousqueton là-derrière, et quand on se trouve dans l’arbre, on peut accrocher ça comme ça, et puis là, on peut bouger droite, gauche, partout, où on veut. Et quand on a besoin, on s’en sert, et puis on peut tronçonner.
Ensuite, là, on a une longe armée, donc c’est une longe qui nous permet de nous garder toujours proche de la branche, ou du tronc, donc elle est autour. Il y a un revêtement en tissu, mais à l’intérieur, elle est armée d’un gros câble en acier pour éviter qu’on coupe dedans à la tronçonneuse.
Ici, on a ma ligne de vie, donc c’est ce qui va me sécuriser tout au long de mon opération. Donc si je prends l’exemple du tronc, là, on va s’accrocher là-devant, au baudrier, là, on va faire le tour de l’arbre, se sécuriser comme ça, et puis là, du coup, on est sécurisé. »
Une fois coupées, les branches sont broyées. Les copeaux sont ensuite transportés vers les ateliers municipaux. Un chantier discret mais essentiel, pour accompagner la croissance des arbres et garantir la sécurité en milieu urbain.




