Un atelier créatif autour du tressage de fibres végétales. Au centre international d’art verrier de Meisenthal, une dizaine étudiants et professionnels venus de tout le Grand Est ont laissé libre cours à leur imagination pour tresser leur propre objet fonctionnel ou décoratif, à partir de matériaux naturels : de l’osier en provenance des Vosges du Nord et des fibres de bananiers importées du Brésil. Pour Anna, cet atelier est une vraie révélation.
Anna MINAIRE – Étudiante en beaux-arts : “C’était la première fois que je touche à la vannerie et c’est vraiment un drôle de média que je n’ai pas l’habitude de faire. Autant, je connais un peu la céramique et le métal. Mais là, c’est vraiment une matière qui est très flexible, et on peut vraiment avoir une infinité de possibilités et c’est vraiment quelque chose de vraiment passionnant.”
De son côté, François-Alexandre s’est laissé inspirer par les différents paysages de notre territoire.
François-Alexandre MOUTON – Designer d’objets à Strasbourg : “Même si on a une forme de panier ici, l’idée c’est, à travers la manière dont on travaille l’osier et le bananier, d’évoquer les formes du territoire, donc ça peut être les montagnes, les colines, les plaines, par des jeux de lumière qui passeront au travers des fibres finalement.”
Et pour accompagner les participants, un trio franco-brésilien : Thibault Blessing, un paysan-vannier installé dans les Vosges du Nord, et les designers brésiliens Nicole TOMAZI et Sergio CABRAL, originaires de Sao Paulo. Tous les trois ont partagé leurs techniques et savoir-faire en vannerie.
Thibault BLESSING – Paysan-vannier des Vosges du Nord : “Se retrouver ici avec des matières nouvelles, différentes, ça fait se reposer des questions, réimaginer des points de travail et imaginer comme est-ce qu’on peut adapter nos langages manuels pour communiquer à travers un océan et une culture différente.”
Au Brésil, le tressage de fibres végétales est une tradition très ancienne.
Sergio CABRAL – Designer brésilien : “La vannerie est une tradition très importante au Brésil. Surtout quand on parle des Indiens, qui sont les peuples autochtones du Brésil : ils possèdent une très riche tradition de vannerie, avec des techniques et des motifs qui varient d’une tribu à l’autre, et ils utilisent ces paniers encore aujourd’hui pour leurs activités quotidiennes de pêche, pour transporter des objets, les « balaios »… C’est donc une activité très importante pour ces peuples. Il existe un autre aspect de la vannerie, introduit par les immigrés, qui revêt également une grande importance.”
Une coopération transatlantique qui permet aussi de mettre en lumière cet artisanat.
Nicole Tomazi – Designer brésilienne : “Pour moi, c’est très important d’être ici pour la valorisation du savoir-faire. C’est bon de regarder ça dans un pays comme en France. On n’avait pas au Brésil cette valorisation sur les artisans, sur ce travail manuel.”
Certaines de ces pièces pourront être exposées lors des journées européennes du patrimoine qui auront lieu ce week-end. Les créateurs brésiliens proposeront également une pièce unique à la vente, le Jussara, réalisée en partenariat avec les souffleurs de verre de Meisenthal. Et ceux qui souhaitent en savoir plus sur la vannerie au Brésil pourront visiter l’exposition Impression du CIAV.




