À l’entrée de Baerenthal, un dispositif peu commun longe désormais la route sur près de 600 mètres. Chaque année ici, des dizaines d’amphibiens sont écrasés en tentant de rejoindre leur zone de reproduction. Une situation repérée par le département de la Moselle, qui a poussé des bénévoles à agir.
Des filets sont désormais installés de part et d’autre de la chaussée, accompagnés de seaux enterrés tous les trente mètres : tout est pensé pour empêcher les amphibiens de traverser la route et les guider vers ces pièges… sans danger. Ce matin-là, les bénévoles des associations Les Piverts et Les Chabots sont mobilisés pour effectuer une récolte qui doit répondre à un objectif.
Christophe REYNAUD – Membre à l’association Les Piverts
« Il faut dire que quand il y a une route assez passante, c’est souvent la fréquentation. Ça peut décimer une population d’amphibiens en quelques années donc après tout dépend de la quantité de véhicules qui passent chaque jour. En tout cas l’objectif c’est de pouvoir maintenir la population, voir l’aider à se développer en diminuant les mortalités routières. »
Au total, une vingtaine de seaux ont été installés. À l’intérieur, des feuilles et même un bâton : un aménagement essentiel pour éviter de piéger d’autres animaux. Cinq espèces pourraient fréquenter le site, mais pour cette première année d’expérimentation, les bénévoles avancent encore en terrain inconnu.
Christophe REYNAUD – Membre à l’association Les Piverts
« On ne sait pas, alors là on en envisage peut-être cinq. Mais après est-ce qu’il y en a d’autres en plus ou finalement il y en aura moins. Là cette année c’est vraiment une année test, afin d’évaluer la pertinence d’un dispositif ici. On sait qu’il y a des écrasements, la quantité on l’ignore. Pareil : la population, est-ce qu’on va trouver 150 000 ou 5 000 amphibiens, on n’en sait rien. On sait qu’on aura probablement des quantités non négligeables mais où ça se situera, on n’en sait strictement rien. »
Ce jour-là, la météo ne joue pas en leur faveur. La températures fraîches et l’humidité modérée ralentissent la migration. Résultat : peu d’amphibiens récoltés ce matin. Et puis soudain… une surprise vient récompenser leur patience.
Christophe REYNAUD – Membre à l’association Les Piverts
« Donc on a trouvé un triton alpestre, il fait partie des trois petits tritons qu’on peut trouver ici avec le triton palmé ou le triton ponctueux. On la comptabilise et ensuite on la fait passer la route comme ça, elle ne risquera pas d’être écrasée parce qu’elle va aller au point d’eau pour chercher un lieu de reproduction. »
Le dispositif restera en place jusqu’à la mi-mai afin d’observer à la fois la migration aller… et le retour des amphibiens. Si les résultats sont concluants, cette installation pourrait devenir, permanente dans les années à venir.




