À Gros-Réderching, Éguelshardt, Rimling ou encore ici à Bettviller, plusieurs manifestations ont lieu ce matin pour protester contre les fermetures de classe annoncées dans l’ensemble du département. Ici, sur notre territoire, d’autres fermetures de classe ont été annoncées, donc à la fois au pays de Beach mais aussi sur l’agglomération de Sarreguemines. Donc on va voir tout de suite quelle est la situation exactement ici à Bettviller, aux côtés des parents et des élèves de l’école primaire.
Margaux – Élève en CM1 : “Ça se passe très bien, mais la maîtresse a un peu du mal avec deux classes parce que c’est compliqué. Mais je me dis que quatre classes seraient encore plus compliqué.”
Maxine – Élève en CM1 : “On peut plus beaucoup apprendre de choses si ça ferme. La maîtresse aura moins de temps pour chaque classe.”
Natacha SCHNEIDER – Parent d’élèves : “Cette fermeture-là, elle vous inquiète ? Ah oui, tout à fait. Et en trois enfants à scolariser, c’est vrai qu’une fermeture d’une classe, déjà c’est le départ de l’Institutrice de mon fils, à laquelle il tient un beaucoup. Et c’est aussi le regroupement de quatre niveaux par classe. Je pense que ça va être très compliqué pour les enfants, pour nos parents, pour les enseignants, pour tout le monde.”
Claude BEHR – Parent d’élèves : “Une institutrice devra partir de l’école et ça va impliquer un mouvement des classes. Donc les enfants vont se retrouver avec deux maîtresses à la place de trois, plus d’élèves et plus de niveaux. Donc ça va impliquer je pense, des difficultés pour les enfants et aussi pour l’enseignant.”
Actuellement il y a trois classes, donc trois enseignants, une classe petite, moyenne et grande section, une deuxième CP, C1, C2 et une troisième avec les C1 et C2. Si une fermeture de classe devait intervenir ici à l’école primaire de Bettviller, on se retrouverait donc avec deux classes de quatre niveaux chacune, donc une classe de 22 élèves en maternelle et une classe de 25 élèves en élémentaire. Les CP basculeraient donc avec les maternelles et les autres resteraient ensemble. Une situation bien sûr qui inquiète également la commune de Bettviller et son maire Stéphane Muller.
Stephan MULLER – Maire de Bettviller : “J’ai mesuré, là, on a 40 mètres carrés, 25 élèves sur 40 mètres carrés avec l’enseignant, et puis tout de mobilier, c’est totalement impensable. On est présent aujourd’hui avec les parents d’élèves, le personnel communal, le Conseil municipal justement pour soutenir et l’entretien qu’on aura ce soir avec l’inspecteur. J’espère qu’il nous entendra, parce que la commune a fait des investissements énormes pour l’entretien de l’école, que c’est une isolation pour le bien-être des enfants.”
À Gros-Réderching, la maire a demandé un gel de la décision.
Anne MAZUY – Maire de Gros-Réderching : “Nous faire subir comme ça une fermeture deux années de suite, c’est très compliqué, ça va être très compliqué pour les enfants, il n’y aura plus que trois classes, donc des niveaux regroupés, et d’où de grandes difficultés pour les enfants qui ont peut-être déjà certains troubles comme les DYX ou des TDA, ou qui ont le plus de temps d’adaptation au niveau scolaire. Donc voilà, donc ce sera un impact pour les enfants avant tout. C’est pour ça que j’ai demandé ce gel de la décision.”
Alors Bettviller est loin d’être la seule commune concernée par ces fermetures de classe puisque 92 fermetures ont été annoncées sous l’ensemble du département de la Moselle contre 27 ouvertures. 45 postes d’enseignants seraient également supprimés. Une situation qui inquiète ici à Bettviller et sur d’autres communes du territoire, Montbronn, Goetzenbruck encore Gros-Réderching, également concernés par ces fermetures de classe. Ça concerne également des communes sur l’agglomération de Sarreguemines, y compris des villes de taille moyenne comme Hambach, Woustviller ou encore Sarralbe pour l’école primaire Schuman concernée par cette fermeture de classe. Une situation assez inédite pour les syndicats.
Erwan KRATZ – Co-secrétaire SNUDI FO 57 : “Alors oui, on s’y attendait quand le gouvernement a choisi son budget pour 2026. Il y avait déjà une annonce d’un grand nombre de suppression de postes en France. La Moselle est un des départements les plus touchés en France par ces fermetures de postes. Donc 45 postes qui sont fermés et ça se traduit effectivement par un grand nombre de fermetures de classe. En Moselle, on a donc 92 fermetures de classe pour seulement 27 ouvertures.”
Alors plus de dix classes doivent fermer selon la dernière carte scolaire, donc présenter la dernière main. Et 92 au total sur l’ensemble du département de la Moselle, allez-vous faire remonter ces inquiétudes à Paris ?
Pascal JENFT – Député de la 5e circonscription de la Moselle : “Nous avons déjà commencé puisque j’ai été saisie par plusieurs maires de plusieurs communes de ma circonscription qui sont concernées par des problèmes de gestion de classes. J’ai commencé à écrire au préfet, enfin la préfecture et au DASEN (Directeur académique des services de l’Éducation nationale). C’est vrai qu’on ne peut pas accepter une gestion comptable de nos enfants, on ne peut pas laisser la situation au l’État. Mais il n’y a pas que nos enfants qui soient concernés, il y a des commerces, il y a des instituteurs ou institutrices ou professeurs des écoles plutôt qu’ils vont être concernés par ces fermetures de classes et qui risquent de perdre leur emploi. Donc non ce n’est pas acceptable à l’échelle de notre territoire.”
Erwan KRATZ – Co-secrétaire SNUDI FO 57 : “On appelle aussi tous les parents, les élus, à venir se rassembler devant la préfecture de Moselle, ce jeudi à 9h30 pour manifester, pour demander à ce qu’il n’y ait pas toutes ces suppressions de classe dans le département.”
Réalisation : Thibaut DEMMERLE – Camille HENRIOT




