Il est à peine 7 heures ce jeudi matin à Montbronn. Dans les rues encore calmes du village, les premiers soldats prennent position. La 3ᵉ compagnie de combat du 16ᵉ bataillon de chasseurs à pied lance un exercice militaire grandeur nature. Objectif : reprendre le contrôle de la commune, considérée pour l’entraînement comme une ville occupée.
Progression maison par maison, couverture des axes, surveillance des fenêtres.
Les militaires avancent depuis le nord-ouest du village, direction le centre et le point décisif de la mission : la mairie puisque deux otages y sont séquestrés à l’intérieur : le maire et sa compagne.
Un exercice exigeant, conçu pour reproduire au plus près les conditions réelles d’une opération.
Capitaine Émilien – Commandant de la 3ème Compagnie du 16ème BCP
« On prépare une projection. La projection est prévue prochainement. Dans le cadre de cette projection, on a eu des exercices réguliers, de tir, de combat, de façon à renforcer la préparation et de pouvoir partir en mission de façon sereine. »
Dans un environnement urbain, les paramètres sont nombreux :
bâtiments, habitants, circulation… autant d’éléments que les soldats doivent intégrer dans leur progression. Et ici, rien n’a été figé et la circulation n’a pas été coupée, pour renforcer le réalisme de l’entraînement.
Au-dessus du village, deux hélicoptères du 1er régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg tournent en permanence. Ils appuient la manœuvre et se tiennent prêts pour la phase finale. Car dans la mairie, les deux otages doivent être exfiltrés.
Le bruit des rotors envahit la place. En quelques secondes, les équipes au sol sécurisent la zone pendant que les passagers sont extraits vers l’hélicoptère qui les attend.
Capitaine Émilien – Commandant de la 3ème Compagnie du 16ème BCP
« Nous on a l’habitude de s’entraîner dans des centres d’entraînements. Centres d’entraînements qui sont aseptisés, militairement parlant. Là, c’est un milieu qui n’est pas aseptisé avec des civils, des voitures, des commerces, des églises, des mairies. Ça nous permet de travailler dans un endroit qui est plus proche du réel, avec ses avantages et ses inconvénients. Et puis du coup, pour renforcer le réalisme de l’entraînement et se rapprocher au maximum des conditions du réel, le jour où on serait amené à être engagé. »
Pour les habitants, le spectacle est inhabituel et évoque forcément le contexte actuel.
Marcel – Habitant de Montbronn
« On habite juste à côté, ça fait toute la matinée qu’on tourne autour de nous et puis c’est un moment de penser au Moyen-Orient. Ici c’est l’amusement, là-bas c’est sérieux. »
Charles – Habitant de Montbronn
« C’est toujours impressionnant d’avoir des militaires en action. Mais comment on est prévenu, c’est moins délicat. C’est vrai que si j’avais vu tout ce beau petit monde circuler dans la rue sans savoir ce qui se passe, je me serais posé quelques questions. Je voyais les militaires qui arrivaient, j’en voyais d’autres qui étaient allongés à ras du sol. Je me suis dit « Pauvre, il fait froid. On voit la guerre à la télé et on voit les exercices sur place ».
Une immersion militaire en plein centre-ville, qui se déroule environ une fois par an pour cette unité. Un entraînement grandeur nature, essentiel pour préparer les soldats aux opérations réelles…




